Dimanche 25 mai 2008
7
25
/05
/Mai
/2008
14:35
Il y a bien longtemps ...
que je n'ai plus retranscrit sur ce blog des Morceaux de tes Mémoires !
Aujourd'hui , c'est mon petit cadeau de Fêtes des mères !
Je vais laisser de côté tous les fâcheux et fâcheuses qui disent que cette fête est stupide , qu'elle est purement commerciale ,
pour ne me souvenir que de l'importance que tu y attachais ! Peut-être te sentais-tu mal aimée et avais-tu besoin une fois par an de cette petite preuve tangible de mon amour !
J'en étais consciente , de l'importance que tu y attachais , aussi commençais-je toujours plusieurs jours à l'avance à réfléchir à ce que j'allais bien pouvoir t'offrir avec mes quatre sous!
Bien sûr , ce n'était rien de valeur , le plus souvent un petit bijou fantaisie acheté dans les rayons d'un Prisunic ou d'un Monoprix ! Mais tu portais ce bijou de pacotille avec autant de
bonheur que s'il avait été en or et en vraies pierres ! Plusieurs années après je voyais encore ce modeste bijou au revers d'une veste !
Plus tard , quand j'ai été loin , il y avait toujours une longue lettre , ou un coup de téléphone !
A propos de ces Eclats de Mémoires , je rappelle , ou je dis pour les "Nouveaux" qui passeraient par là qu'il s'agit de récits
concernant essentiellement son enfance , que ma mère a écrit pour mes enfants , alors qu'elle avait entre 70 à et 75 ans
"Mes chéries , c'est mon enfance que je suis venue vous raconter . Mais mon coeur est aujourd'hui si plein d'images tristes...C'est dimanche et il pleut , le ciel
est si plombé qu'il n'y a vraiment aucun espoir que ça s'arrange - dérision : c'est le premier Avril , jour un peu fou où la gaieté devrait être de mise !
J'allais vous parler de votre mère , je ne le ferai pas car elle doit demeurer pour vous l'amour et la perfection...
Hier j'ai voulu relire mon premier cahier et ainsi que je m'en doutais j'ai relevé de nombreuses redites...Ce n'est pas du gagatisme , comme on pourrait se l'imaginer , mais c'est l'amour
débordant que j'ai eu pour le papet , ensuite pour mon père , plus tard pour MInou, et en remontant le fil de ma vie je m'aperçois que ces trois êtres que j'ai aimés et qui m'ont marquée
profondément de leur empreinte , je n'ai rien fait pour le leur montrer : avec le papet , j'estimais naturel qu'il pleure en me voyant quand ma mère le privait de mes visites ; avec mon père , je
pensais être mon dû le fait qu'il m'aimait plus que tout au monde au point de se disputer , pour me soutenir , avec une femme que par ailleurs il adorait ! Plus tard avec mon mari , j'ai estimé
normal d'être sa "Princesse" et qu'il cède toujours devant moi !
Les regrets sont stériles , si je pouvais remonter le cours du temps , je prouverais à chaque seconde à ces trois êtres que moi aussi je les aimais , et que je perpétuerais leur souvenir , que le
temps n'altèrerait jamais mon amour..."
Eh oui , vous pouvez deviner dans ces lignes que ma mère se reproche de ne pas avoir assez montré son amour , et toute mon adolescence , puis quasiment toute ma vie
, elle m'a fait le même reproche vis à vis d'elle !
J'essaie de ne pas faire la même chose avec mes enfants...Ce n'est pas toujours facile !
A+ !
Par jane
-
Publié dans : Les écrits de ma mère
-
13
Mardi 1 avril 2008
2
01
/04
/Avr
/2008
22:49
Il y a bien longtemps...
...que je ne suis plus revenue dans les petits cahiers de ma mère...
Pour ceux qui prendraient ça en route , il s'agit de cahiers de Mémoires sur son enfance et son adolescence que ma mère avait entrepris d'écrire pour mes enfants alors qu'elle avait plus de 70
ans...
Son plus grand traumatisme a été la mort de son père alors qu'elle avait neuf ans .
Sa mère biologique étant morte accidentellement alors que ma mère n'avait pas 3 ans , elle s'est à 9 ans retrouvée seule avec sa belle-mère , qu'elle appelle partout "ma mère" , n'ayant aucune
souvenance de sa vraie mère .
"Je pense que je vous ai déjà parlé de la mort de mon père , dure , terrible
épreuve pour une petite fille de 9 ans qui adorait son papa . J'ai été très malade après sa mort , et cela a duré des mois pendant lesquels j'ai subi toutes sortes de traitements qui ne
venaient pas à bout de ma furonculose géante...
Je revois comme si c'était hier l'enterrement de mon père
.
A Marseille , en ce temps-là , les femmes n'allaient pas aux enterrements ,
seuls les hommes étaient présents . De la fenêtre de la cuisine , ma mère et moi regardions ce cortège énorme avec, tout de suite après le corbillard, quatre hommes en noir qui tenaient le
"poêle"contenant les insignes de la Franc-maçonnerie de mon père . En effet il était Franc-maçon , compagnon du Tour de France , il avait également fait le tour d'Espagne , et la foule
des "Compagnons" s'était déplacée pour lui rendre hommage selon l'usage...J'étais si impressionnée que j'oubliais de pleurer... Comme j'aurais aimé qu'il vive et qu'il vous connaisse !...Ce
n'est qu'un rêve car , eût-il vécu , vous n'auriez pas pu connaître cet arrière grand-père : il était né en 1874 , c'est à dfire qu'il aurait 110 ans au moment où j'écris ces mots !...Plus de
100 ans ont passé depuis ce moment et c'est là si présent devant mon regard que je pourrais le peindre si je savais peindre...J'aimerais au moins vous le décrire , mais serai-je objective ?
Pour moi il était le plus bel homme du monde ! Etait-il si beau , si grand que dans mon souvenir , je n'oserais l'affirmer , mais le souvenir que je garde de lui est lumineux : des cheveux
bruns sans être noirs , de grands yeux bruns un peu bridés , un nez droit (je crois que votre mère et Marco ont son nez ) , une bouche généreuse , un visage aux traits réguliers...Il avait
beaucoup voyagé pour l'époque , et tous ces voyages l'avaient rempli d'expériences et de compréhension envers les êtres...Il est mort très jeune , mais malgré ça il m'a légué en si peu de temps
presque toutes ses manières de vivre et de penser , et un amour si grand que ma mère n'a jamais pu vaincre ma résistance .
Mes chéries , c'est un triste dimanche , gris et froid , et je m'aperçois que
j'ai terminé ce cahier. Vais-je en acheter un autre ? Je me demande si ce fatras de souvenirs sera susceptible de vous intéresser un jour . Comme je n'ai ni le courage ni l'envie de me relire ,
il y a sûrement des événements forts que je vous ai racontés deux fois , voire trois ? mais qu'importe , j'espère que vous me lirez avec les yeux du coeur, qui comprennent et excusent
tout..."
J'ai cherché dans le dictionnaire le mot "poêle" que je ne connaissais pas , en tout cas dans le sens
où il est ici utilisé : c'est un mot vx , issu du latin pallium , " drap recouvrant le cercueil pendant les funérailles . Exemple :- Quatre personnages en toge rouge tenaient gravement
les cordons du poêle (Henriot) "
Du coup le mot "poêle " a trois entrées
A bientôt !
Par jane
-
Publié dans : Les écrits de ma mère
-
10
Lundi 25 février 2008
1
25
/02
/Fév
/2008
15:04
Il y a très longtemps...
....que je n'ai plus touché aux cahiers de ma mère ! J'essaie d'y revenir aujourd'hui...
je rappelle pour les non initiés qu'il s'agit de Mémoires que ma mère a écrit pour mes enfants, alors qu'elle avait entre 70 et 75 ans .
" Encore un dimanche ! Il y a quelques années il y avait eu une chanson qui disait "Je hais les dimanches !" Comme je pourrais la faire mienne , cette chanson !
J'ai beau , avec mon esprit cartésien , me dire que dimanche n'est qu'un mot , une étiquette donnée , et que ce mot pourrait être suivant ma volonté lundi ou mardi , j'essaie d'analyser pourquoi
ce jour me paraît toujours gris et mortellement ennuyeux !
Pourtant la Télé fait un effort , ce serait presque mieux que les autres jours...
D'ailleurs , je ne hais pas seulement le dimanche , mais tous les jours de Fêtes !
Puissiez-vous , mes petites fleurs , ne jamais être seules et tristes un dimanche , et vieille de surcroit ! Il y a des moments où j'ai envie d'abandonner ma superbe . M'habiller , me tenir très
droite , marcher d'un pas allègre , tout cela est une feinte destinée à tromper , à ce que personne n'ait envie de me plaindre : j'ai horreur de la pitié ! Je voudrais que l'amour vienne à moi ,
même en pensant que je suis assez forte pour m'en passer , car d'amour , je n'en ai guère...Plus j'avance dans la vie , plus je constate que chacun se construit son petit cocon et s'enferme
dedans , bien clos dans son égoïsme . Même mes amies les plus chères s'inquiètent-elles de ma constante solitude ? Il est vrai que je cache bien mon jeu et que je ris , et que je plaisante quand
elles me font l'aumône d'une visite...
Toutes ces digressions m'emmènent bien loin de mon enfance et de ma jeunesse.
Il faudrait que je me décide à me relire car les souvenirs sont là en masse et je ne sais plus si je vous les ai déjà racontés..."
Voilà ma mère un jour de cafard ! je passe pour une fille indigne , vraiment !
Pourtant , même quand j'habitais très loin , je lui ai toujours écrit plusieurs fois par semaine !...
maintenant que je suis privée de mes enfants , je comprends mieux ces propos , qu'elle me tenait aussi dans le courrier trop abondant dont elle me gratifiait alors que j'étais surchargée de
tâches...
Ainsi va la vie ! Tout le monde y passe !
Ciao
Par jane
-
Publié dans : Les écrits de ma mère
-
10
Mercredi 12 décembre 2007
3
12
/12
/Déc
/2007
17:09
Bonsoir toutes et tous
Ce sera le dernier passage avant mon départ qui est tellement imminent maintenant que je suis un peu effrayée de voir que je n'ai pas encore fait mes bagages !
C'est dur de lacher cet ordinateur et les amitiés plus ou moins vraies , plus que virtuelle en tout cas, que j'ai tissées avec beaucoup d'entre vous !
Mais je me réjouis à la pensée de tous ces souvenirs de voyage et ces belles photos dont je vais poiuvoir vous faire profiter à mon retour!
Aujourd'hui je regroupe des passages concernant l'éducation de ma mère
"Au Cours Supérieur, dans les vestiaires , nous apprenions à danser ! J'eus très vite apprisde
mes camarades qui "sortaient" les danses d'alors , le charleston, le Black Botton, le tango ! Mais à 14 ans je ne sortais qu'avec ma mère .
IL fallait que je sois la correction même et que mon éducation soit parfaite, car elle ne fréquentait que des gens d'un niveau assez élevé : elle faisait partie de toutes sortes de sociétés, la
Société scientifique Flammarion, qui avait son siège Quai de Rive Neuve et où nous allions entendre des conférences le dimanche après-midi sur des sujets scientifiques des plus ardus ; j'étais
bien jeune et je m'ennuyais ! Que m'est-il resté de tous ces mots entendus et incompris ? un petit quelque chose sans doute , car je suis restée une inconditionnelle des dictionnaires et il n'est
pas question qu'un mot que je ne connais pas ne soit pas immédiatement pourchassé dans leurs colonnes !
Le lundi soir , nous allions à l'Opéra à tarif populaire. Malgré un abonnement , il fallait aller prendre les places très tôt, toutes les places étant au même prix. Ma mère y allait donc en fin
de matinée , j'allais la remplacer en sortant de l'école, et elle m'apportait un sandwich vers 7 heures . Je crois que c'est à cette heure-là que le guichet ouvrait, et les premiers dans la file
avaient droit aux meilleures places !
Ma mère chantait faux comme une casserole , mais je suppose qu'elle était une mélomane , sinon, comment justifier cet acharnement à me traîner toutes les semaines à ce spectacle que
personnellement j'exécrais, d'autant que le lendemain j'allais à l'école où je somnolais toute la matinée ! sans doute croyait-elle faire mon éducation musicale?
Alors elle n'a atteint qu'un but, celui de me brouiller définitivement avec la Grande Musique, et surtout avec l'Opéra!
Outre la Société Scientifique , ma mère se rendait régulièrement aux réunions d'une secte appelée "LES ROSICRUCIENS", mais elle ne m'y a jamais emmenée, ce devait être réservé aux adultes, il
faut croire !
Elle faisait également partie d'une Société de Spiritisme où elle m'emmenait souvent :
Là, on faisait tourner des tables et on interrogeait les esprits :"Esprit es-tu là ?"
Un coup pour oui , deux coups pour non!
On me demandait parfois de me joindre au cercle et de mettre mes mains sur la table,
mais j'en étais bientôt chassée car l'esprit devenait muet aussitôt que j'étais là!
A croire que je faisais de la résistance !!
Aujourd'hui , je pense que ma mère en me traînant ainsi dans tant d'endroits si divers a fortement développé mon esprit , et je lui en suis reconnaissante,
malgré les raclées qui , je le crains , n'ont servi qu'à mes rendre plus dure et entêtée que je l'étais au naturel ! "
Avec la permission de Franky, Gouzou de Jace
Bisous A Ciao
Par jane
-
Publié dans : Les écrits de ma mère
-
2
Mercredi 28 novembre 2007
3
28
/11
/Nov
/2007
14:08
Bonjour à tous et à toutes ,
Je reprends aujourd'hui le Journal de ma mère ! Que de désordre ! Il faut que je regroupe ce qui a trait au même sujet , car il y a des thèmes sur lesquels elle
revient sans cesse , ceux bien sûr qui l'ont traumatisée , ou marquée de façon positive (par exemple tout ce qui concerne la toilette : elle était très coquette , et je peux vous assurer qu'elle
l'a été jusqu'à sa mort ! )
" Quand mon père est mort de la façon lamentable que je vous ai déjà racontée , sa situation n'était pas encore assez
stable pour nous permettre de vivre . Ma mère dut se mettre à travailler et devint de plus en plus sévère pour essayer de remédier au laxisme absolu dont avait fait preuve mon père et qui avait
contribué à faire de moi une enfant impossible . Je l'ai déjà dit , j'ai reçu beaucoup de coups... Avec les années je me pose la question de savoir si ces coups ont ou non amélioré mon
comportement....je ne sais pas....peut-être si elle avait essayé par l'amour et le raisonnement aurait-elle obtenu un résultat meilleur....mais je n'ose pas le dire
...
Ma mère m'avait tellement dit et répété que j'étais laide que je le croyais , sans en souffrir ,
car la laideur , quand elle n'est pas au point d'attirer les moqueries , n'a guère d'importance pour les enfants . Et puis , ma mère étant couturière - modeliste même - j'étais au moins
bien habillée ; même si c'était avec des morceaux qui restaient des diverses coupes , elle arrivait avec cela à me faire des robes originales, qui sortaient de l'ordinaire . Votre
mère , à ma place , aurait été très malheureuse , car elle ne rêvait que de se fondre dans la masse , de s'habiller de beige ou de caca d'oie !
( Eh oui , c'est moi , là , en caca d'oie ! )
De temps en temps quand même on achetait du tissu et j'avais la robe de mes rêves : je me
rappelle une robe groseille , avec la jupe complètement en forme qui faisait une corolle quand je tournais , très serrée à la taille , au corsage très ajusté, , avec un petit col "Claudine"
sur lequel on cousait un autre col en dentelle blanche !
Pour notre voyage à Alger ( car ma mère était originaire d'Algérie et avait beaucoup de famille là-bas
) , elle m'avait confectionné une jupe blanche plissée à gros plis plats et un pull blanc rayé de soie jaune . Elle m'avait acheté aussi une casquette à visière , et à dix ans sur ce grand bateau
à quai je me croyais la reine du Monde !...
Ma mère a fortement développé mon esprit ,( j'y reviendrai
), et que serais-je devenue sans ces corrections dures mais toujours méritées....Je pensais qu'elle ne m'aimait pas , et qu'elle me trouvait laide , j'ai
appris plus tard qu'elle m'aimait énormément et me trouvait la plus belle du monde . Mais c'était la coutume à cette époque de "dresser" les enfants et de leur apprendre l'humilité . Malgré
tous ses efforts , elle n'y est jamais arrivée . Ma vie entière fut un combat d'orgueil , et même maintenant que je suis une vieille femme , cet orgueil indomptable m'aide encore dans certaines
circonstances de ma vie . "
J'ai tellement lu et relu ces cahiers , qu'il n'est pas impossible que j'aie remis quelques passages que vous avez déjà lus !
Pour celles et ceux qui fortuitement s'en rendraent compte , je leur demande de m'excuser , il faut que je fasse des tirages de ce que j'ai déjà écrit ...
Ciao
Par jane
-
Publié dans : Les écrits de ma mère
-
11